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Extraits du recueil "Altelcultures" Achetez l'ouvrage

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ALTERCULTURES




Généreux, le recueil d’As Malick Ndiaye l’est par le flot soutenu et concerté de sons, de mots et d’images qui le parcourt. Cette générosité se manifeste encore dans  l’intention  du propos poétique, décidément placé sous le signe de l’analogique.
As Malick Ndiaye célèbre en effet ses “petites patries” – la Casamance, la Bretagne ou Harlem – et si ce pluriel ne nous était avertissement suffisant, sachons qu’ici  seront passées au laminoir idées reçues, frontières et catégories, par quoi  les gens du monde apprennent à se tenir à distance les uns des autres.
En ce trouble début de millénaire, Altercultures nous rappelle à l’utopie d’ “un monde alternatif” en une langue tour à tour mélodieuse et saccadée, osée et tendre.


As Malick Ndiaye est né en Casamance, au Sénégal. Après l'Afrique et l'Europe, il s'est installé depuis quelques années aux États-Unis. Ce passionné de voyages et de rencontres se place au croisement de toutes les traditions. Altercultures est son premier recueil poétique. L'ouvrage est préfacé par le professeur Souleymane Bachir Diagne.
Altercultures

Depuis le temps que nous cherchons,
La voilà la cure à l’exclusif !
Elle s’appelle altercultures.
Yo te diré lo que es,
Altercultura like the medal of life,
Unissant le côté pile au côté face,
Bokk fi, bokk féé,
Ami n’fiju di mundo !
Aucune autre attache radicale que l’humain
Dans sa polarité et ses travers,
Dans ses dissonances faites assonnances.
I love my people but sometimes
Sono straniero nella mia famiglia ;
Mes propres racines sont dans le vent
J’aime le destin qui est le mien,
De forcer les verrous de confidentialité.
Je serpente les terres humides
De l’Oural au Mojave,
Pour puiser plus loin que dans les racines externes
La vérité du cœur humain.
Les figures de terre me ressemblent,
Parfois elles battent comme un cœur.

Pour créer le monde alternatif,
Nous décrétons la corporation des mauvais
Mauvais Juifs, mauvais Musulmans,
Mauvais Aryens, mauvais Bantous,
Mauvais Arabes, mauvais Hindous,
Mauvais Chinois, mauvais Finnois,
Tous réunis en l’humain achevé.
L’insulte nous est merveilleuse.
Nous fermons la porte à la diversité nébuleuse,
Un sujet quelconque est né,
Il ne pactise pas, il ne renie pas,
Il est ancré en même temps qu’épars,
Il n’est pas fermé, il s’emplit de tout,
Il n’est pas échangiste, il est mélangiste,
Le donner et le recevoir ne lui parlent pas,
Il prend ce qu’il y a à prendre,
Il prend tout ce qui est bon,
Il n’a rien à donner qui lui soit propre,
Et qui n’appartienne déjà aux autres.
Tant pis pour les puristes.