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Extraits du recueil "Altelcultures" Achetez l'ouvrage

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ALTERCULTURES




Généreux, le recueil d’As Malick Ndiaye l’est par le flot soutenu et concerté de sons, de mots et d’images qui le parcourt. Cette générosité se manifeste encore dans  l’intention  du propos poétique, décidément placé sous le signe de l’analogique.
As Malick Ndiaye célèbre en effet ses “petites patries” – la Casamance, la Bretagne ou Harlem – et si ce pluriel ne nous était avertissement suffisant, sachons qu’ici  seront passées au laminoir idées reçues, frontières et catégories, par quoi  les gens du monde apprennent à se tenir à distance les uns des autres.
En ce trouble début de millénaire, Altercultures nous rappelle à l’utopie d’ “un monde alternatif” en une langue tour à tour mélodieuse et saccadée, osée et tendre.


As Malick Ndiaye est né en Casamance, au Sénégal. Après l'Afrique et l'Europe, il s'est installé depuis quelques années aux États-Unis. Ce passionné de voyages et de rencontres se place au croisement de toutes les traditions. Altercultures est son premier recueil poétique. L'ouvrage est préfacé par le professeur Souleymane Bachir Diagne.
Ode à une vaillante

À toutes les mamans de mon pays


Le jour long à éclore n’a pas encore ouvert
Ses yeux paresseux sur le ciel couvert
De nuages sombres. Déjà te voilà seule
Dans la nuit finissante, au milieu d’une escouade
D’anges, de Djinns, d’esprits chargés de leur malice,
Berçant la Providence lourde de son caprice
Pour nourrir ta portée toute entière en dormance.
Tu ne connais jamais ni sommeil, ni latence.
Toute en obstination et en digne silence,
Pour nous tu agites l’étendard de vaillance.
Que vienne un jour la mort, elle te trouvera prête,
Comme au premier matin, le front fier et serein.
Ton abnégation, ta foi que rien n’arrête
Ont de notre clan fait la force et le fort lien.
D’aucun héros mâle, je ne vois la grandeur,
Nulle âme sur cette terre ne te ravit l’honneur
D’une vie entière dédiée à la lutte
Pour que jamais les tiens n’aient à baisser la tête.

Mon fol amour pour toi, Ô femme essentielle !
Est le feu obligé qu’une flamme éternelle
Maintiendra vivant à jamais dans un cœur
Duquel maman chérie, tu chassas la douleur.
Je sais, mère que j’aime autant que l’infini,
Rien de ce que je pourrais te dire ici
Ne vaudra une once de ce que tu fis, toi,
Pour ta descendance, qu’aucune foi ni loi,
N’empêchera de dire à la terre entière
L’honneur qu’elle a d’être ton sang, ton héritière.